09.11.2008
Abrasif
Abrasif, le silence qui, parfois lui rongeait l'âme
ça restait au fond du ventre, à vif comme taillé par une lame.
Pas de mots pour cela, que des maux sans raisons.
Tête vide, silence et absence, sans larmes, sans.
le monde vidé de tous les êtres qui le peuplait.
Alors ses pieds sans consulter sa tête, en fuite…
parcouraient des rues qui ne le menaient nulle part.
la ville, prison, du quotidien, des jours rêvés.
Ses mains impuissantes à retenir l'autre,
son coeur qui saignait sans bruit, discret.
son être qui réclamait la vie, et qui l'observait.
Ne pouvant faire que cela… et attendre…
Alors dans ces saisons grises, qui se déroulaient
les jours et les heures s'égrenant, toutes semblables
ses pas le menait dans des rues déjà parcourues,
des visages de passantes méconnaissables.
Il voulait courir jusqu'à ce que son cœur éclate
et qu'il ne ressente plus rien que son souffle court.
Il se fondait au gris de la ville…
il ne cessait de l'attendre, de l'atteindre…
Le soleil semblait ne jamais se coucher,
sa lueur sourde ne le réchauffait jamais.
Il cherchait le centre du cercle dans lequel
il se perdait, s'égarait; repassant cents fois
par les mêmes sentiers, des chemins
qui se révélaient être des impasses.
Il ne renonçait jamais, ni à son espoir
ni à son désespoir qui, parfois s'accrochait
telle une tache de boue, de la suie.
Ce n'etait rien que l'automne.
Ca annonçait l'hiver.
14:20 Publié dans Chronique, poésie, poesie | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
09.10.2008
Avant
Il l'avait rencontré, n'avait que d'yeux pour elle…
Trop belle pour lui… sa fraîche bouche fraise
son vert iris perdu au loin…
Ses pieds, ses fines chevilles semblaient nus,
effleuraient le sol sans jamais se poser.
Ses pas la menait, poussée par le vent.
Elle était là, lui, sa tête se vide… ses mots définitifs
ses phrases, des sentences jetés au silence.
Elle semblait indifférente.
Lui… ne montrer ni son intérêt, ni son désir.
jouer le bel indifférent.
Apres cette soiree chez des amis,
sa présence à ses côtés… métro
rester auprès d'elle…
avoir peur. Ne pas la brusquer.
sentir son parfum. la respirer.
La chaleur de ses jambes, le coussin de sa peau,
elle contre lui. leurs mains si proches…
Lui, n'aurait jamais osé. si seulement…
Seulement la raccompagner…
l'accompagner…
"tu ne m'emmènes pas chez toi?"
La pénombre protégeait leurs délices.
Elle, sa main, naufragée volontaire de son jean s'affairait.
Lui, ses doigts nomades posés, territoire d'aventure,
l'entrebaillement cotonneux d'un slip humide…
Elle, Ses cuisses s'ouvrent au plaisir d'être caressée.
Ils s'embrassent, se dévorent, se goûtent.
Un baiser timide, deux bouches se frôlent,
deux bouches fleurs téméraires.
Corps à corps empressé, le fait bander.
Elle le guide, l'invite…
Ils sont déjà de vieux amants.
15:22 Publié dans Chronique, erotisme, sexe | Lien permanent | Commentaires (27) | Envoyer cette note
18.05.2008
La Réforme
Il faudrait y être toujours vif argent,
sur des sentiers d'or et de plomb
et pour oublier l'ennui, se souvenir de la quiétude.
de ses couleurs et ses nuances de gris.
L'Empire empreinte, totale.
L'Empire nous dépossède du silence
Tu dis : "j'aurai sa peau, au chagrin!",
tu dis avec les yeux qui brillent
"sort dehors, là ou y'a les vrais gens,
ils veulent mettre à bas l'argent,
ils veulent plus bosser"
Je pense : "ouais on aura sa peau
au chagrin… "
De toute façon, nous n'avons plus que le soleil
que nos baisers de joie et d'amertumes
on nous a volé l'ennui, on nous a dérobé
les pierres sur lesquels nos pas s'envolaient.
Nos révoltes ciselées à présent marketées,
nos colères et nos idées à présent commerciales,
notre rage anesthésiée par la coke et le shit
ne nous appartiennent même plus…
Il faudra retrouver l'ennui,
il faudra retrouver le silence
il faudra être seuls, nés
au monde.
Que nous cessions d'être distraits et distants
emportés par le souffle de l'Empire
dépossédés de nous même,
dépossédés de notre histoire
Tu dis avec les yeux qui brillent
"sort dehors,
les vrais gens sont là."
00:52 Publié dans actu, Chronique, poésie, poesie | Lien permanent | Commentaires (27) | Envoyer cette note | Tags : empire, liberalisme, resistance, altermondialisme
09.04.2008
le monde est désespérément grand
ce soir, une pensée fugitive pour mon père a qui je ne songe jamais,
à son ombre, à son absence. son silence lorsqu'il était là.
Comme si nous étions passés l'un a côté de l'autre,
j'avais juste eu le temps de sentir sa présence.
le manque avait été immédiatement évacué.
Moi, seul, éternellement solitaire.
Mes amis au loin, mes frères absents, ma sœur ailleurs.
je suis comme un fantôme, ma présence discrète,
toujours "à côté", surtout que l'on ne m'attrappe pas,
du vif argent qui glisse entre les doigts,
tout comme le sont, pour moi les autres.
je regarde, je ressent, j'enfouis cela tout au fond de moi, ma détresse,
mon désespoir, ne me parle plus.
Désespéré, je pleurais, je me sentais vivant, de ce désespoir
qui me remplissait, de ma peine, de ma rage, de l'injustice du monde,
de ma révolte qui me portait, m'exaltait.
ce larmes étaient chaudes, rafraîchissantes, elles étaient consolation aussi.
je marche des heures, je marchais des heures dans les rues,
a regarder les autres vivre, j'attendais le moment où je serait invité,
le moment où j'aurais ma part.
Rien ne venait alors je prenais,
mais comme je ne savais pas donner, je ne recevais pas.
Je tâchais d'être à la hauteur.
Petit, le monde est désespérément grand,
Grand, le monde est désespérément minuscule.
Avec le temps, le monde autour de soi devient trop petit. il semble rétrécir.
Et au dessus de nos têtes, ce ciel bleu nuit qui nous interroge,
et ce vide qui le remplit.
Je n'arrive pas.
Il me semblait que je devais essayer,
rater, recommencer, rater; recommencer.
Il me suffisait juste de savoir que je pouvais, et je passais à autres choses.
sans me dire, que dans la durée et la répétition ; il pouvais avoir transformation,
transfiguration.
Sans imaginer que l'aboutissement ne viendrai jamais.
Mes rêves sont enfouis profond, mes peines les ont ensevelis,
mes larmes ne coulent plus et je les regrette.
11:20 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
04.11.2007
exponentiel
la maison qu'habite mon frère est celle que nous avons tous habités. Elle n'est pas bien grande. C'était probablement la plus petite des cités-jardins, mais je n'en ai pas souffert, je vivais dans le jardin. Il y avait la cuisine-salle à manger avec une minuscule cuisine toujours encombrée. un sombre couloir, une salle de bain… ce qui n'existait pas lorsque les gens ont commencé à habiter ces cités… ni baignoires ni douches, ce furent les locataires qui durent trouver une place pour s'aménager ce qui devient passage obligé quant au confort moderne. Il y avait la chambre des parents et celle des enfants… Nous étions cinq enfants, séparés chacun par cinq années… je dormais dans un petit canapé lit dans la chambre de mes parents… Un de mes frères était à l'armée… l'ainé vivait dans les cités blanches avec sa femme… j'ai probablement participé a son mariage, mais je n'en ai aucun souvenir. l'autre chambre était occuppé par jacques et ma sœur. Il restait le moins possible a la maison et passait beaucoup de temps avec notre voisin… la maison était trop petite, et ma mere se débattait seule - mon père était sans arrêt en déplacement sur des chantiers. Les corvées quotidiennes, le linge, la cuisine, le rangement, la dépassait visiblement… Sans doute traversait elle sa ménopause. Je me souviens que la trouvais souvent couchée. Ma sœur s'occuppait de moi…
Une cave acceuillait la chaudière a charbon, et l'on m'y enfermait lorsque j'étais puni. Dans le jardin des tonnelles, et une cabane pour les vélos, le solex…
Dans la salle a manger, les chaises étaient couverte de linges qui attendaient le repassage, parfois des semaines… Une machine à laver tournait sans arrêt dans la salle de bain. la table de la salle a manger était rarement désservie, il fallait parfois se faire un peu de place pour pouvoir déjeuner. Lorsque mon père rentrait de chantier le vendredi soir, il jettait tout à terre tellement cela l'énervait. Lorsqu'il était à la maison la maison était plus nette… son travail était fatiguant et il était pas rare qu'il s'endorme à même la table. Mon frère était en franche opposition avec ma mère, il y eu quelques bagarres épiques, il ne comprenait pas l'état de la maison et il cherchait refuge chez les voisins. Mon père toutefois défendait ma mère et alerté par elle quitta son boulot pour remettre un peu d'autorité à la maison. Il perdit sa place et mit du temps a en retrouver une autre. Je crois me rappeller que malgré que ma maman était couturière j'étais mal fagotté. Parfois nous profitions de l'absence de ma mere pour jeter des pleines poubelles de sacs en plastiques, des cartons entiers de ficelles, d'aliments dont la date était périmée. Lorsqu'elle rentrait la maison brillait et sentait bon l'encaustique… alors elle s'énervait après ma sœur de ce que nous réussissions ce qu'elle n'arrivait pas a faire… une maison propre et correcte… elle reprochait de ne plus rien retrouver… Mon frere avait honte, ma sœur en souffrait… moi j'étais trop petit je ne me rendais compte de rien…
Sans doute au niveau scolaire cela ne m'aida pas… pas de coin pour faire mes devoirs, alors je ne les faisait pas… mon frere ainé me raconta que lui faisait ses devoirs dans la salle de bain. Personne pour me soutenir et m'encourager…
Lorsque je grandi, mon père était à la maison… ça allait mieux…
Mais ils on vieillis… mon père apres quelques années heureuses de retraite tomba malade… une maladie de normand… les artères de sa jambe se bouchèrent et pour éviter la gangrène, on tailla dans le vif… Il ne s'en remis jamais et se sentit diminué et d'un seul coup lui qui était si fier et si vaillant adopta la conduite d'un petit vieux. Ma mère faisait ce qu'elle pouvait, mais lorsque la maladie devint sérieuse, elle lacha prise… moi même je ne pouvais pas supporter de le voir dans cet état et j'allais rarement le voir à l'hopital… je parlais très peu avec lui,e t le voir dans cet état m'était insupportable. Dans ce laps de temps, mon frère JC revint à la maison pour s'occupper de lui et aider ma mère… ce qui partait d'un bon sentiment lui a longtemps été reproché. D'une nature très particulière JC s'entoure d'animaux, de livres, de disques, et de toute sortes d'objets… Il a hérité de ma mère l'idée de l'accumulation (ma mère avait souffert de pauvreté en perdant son père et le manque a perduré pendant la guerre.) A cette époque là je ne voyais que ses mauvais côtés et je me rebellais devant la crasse qu'il affichait, et par la maison que ses nombreux chiens salissait… il prenait le balai pour nettoyer les pipis des chiens mais en fait étalait dans le salon ce même pipi… je rlais… peine perdue… parfois je venais a la maison et je passait ma visite à tenter de tout nettoyer, mais a chaque fois que je venais c'était de pire en pis. la maison se surchageait de chiens, de linge, d'objets qu'il ramassait aux poubelles, et ma maman vieillisait elle aussi… elle pensait qu"elle aidait JC en l'hebergeant ainsi… mes freres et sœur partageait ma préoccupation devant cette saleté exponentielle, mais nous n'arrivions qu'à le braquer et la maison se dégradait en même temps que ma maman vieillissait… je venais de moins en moins, l'atmosphere de la maison devenait irrespirable. Je plaisantais en disant que l'odeur de la ménagerie du jardin des plantes était plus douce , mais en même temps c'était vrai.
Lorsque mon pere disparut il continua a s'occupper de ma maman, ainsi elle n'était pas seule… j'aurai juste voulu que pour ses vieux jours elle vive dans une jolie maison telle que je l'avais connue lorsque mon pere était là.
Elle parti en maison de gériartrie et je venais parfois voir JC avec un de mes freres, mais, jamais nous ne pouvions entrer dans la maison. des la porte du jardin une odeur âcre nous prennais à la gorge. Odeur entêtante qui restait dans les narines, plusieurs heures durant. A la maison, c'était une apocalypse, un chaos, le savon y était désormais proscrit, et malgré sa culture, son intelligence, nous ne parvenions pas a faire entendre raison à JC.
Le jardin dans lequel j'ai passé une merveilleuse enfance sur mon cerisier, avec ses lilas, ses forthysia, ses troennes, ses abricotiers, ses pruniers… ses fleurs, Il n'en reste plus qu'une sale et poussiereuse terre battue, il a tout arraché… mit des planches, des carcasses de moto, de vélo… des remises pour ses accumulations de planches dont il ne faisait rien…
cette maison ne nous appartient pas, elle est louée depuis les années 40 à l'Office des HLM… Autour les voisins se plaignent et subissent les odeurs… JC ne le comprends pas, ne le voit même pas… et aujourd'hui nous allons perdre cette maison que j'ai tant aimé, dans laquelle depuis les annees 85 je ne vis plus, car une plainte a été déposée et JC va devoir déguerpir et cette maison sera accordée à une autre personne… j'irai voir les nouveaux occuppants et je leur offrirai les textes ou je parles de ces cités, de la maison, je leur expliquerai l'histoire du quartier, je ne veux pas que cela se perde.
19:03 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note
01.10.2007
Papa

Voici ma petite participation à cette expo… (le theme etant la photo de famille…) Quelques photos mise en scène par un triptyque et ce texte…
Mon père est un secret
scellé par son absence.
Fécamp, la mer que fuit ma mère,
à sa famille enlevée par ce père sans père...
Chemin des dames... son père sans père lui aussi.
Ma mère sans père que la mer a gardé.
Couturière, fille de capitaine,
qui ne retourna jamais à terre-neuve
Lui, Charpentier de navire, Maçon, Chef de chantiers
l’aristocratie ouvrière dont les enfants
ne seront jamais marins, ni capitaines...
le silence d’après guerre, l’exil
dans la banlieue rouge...
Mon père est un secret
scellé par son absence.
Sa noblesse se rétrécissait,
sa bonté discrète, ses paroles rares.
Mon père est un secret
scellé par son absence.
09:43 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
07.09.2007
Empathie

La cour de l'école était belle… grande, l'école était neuve, cela me changeait de cette vieille école de brique rouge par laquelle était passés tous mes frères et ma sœur. J'en avais été exclu et je n'avais jamais compris les raisons… j'y avait mal démarré ma scolarité, pour je ne sait quel raison, j'arrivais toujours une heure après la rentrée. la directrice, l'institutrice s'énervait après moi… je n'ai que des souvenirs tres diffus, de la maternelle par laquelle je devais bien être passé, deux ou trois scenettes, brêves de honte rapport à mes vêtements ou bien je repartais avec des vêtements prêtés par l'école car je n'avais pu me retenir…
Une fois j'étais resté dans la cour jusqu'à la récré de 10h car j'étais arrivé en retard, je pense que l'on m'avait ensuite oublié…
Dés qu'il y avait de la neige, qu'il faisait un peu froid, ou que j'étais un peu malade, ma maman me gardait à la maison, ainsi je prenais du retard sur les autres qui n'était jamais comblé…
la premiere classe (la 11e) fut tres brêve, on me transféra immédiatement dans une autre 11eme… je n'ai non plus jamais su pourquoi, et l'année d'après ou la suivante je me retrouvais dans cette nouvelle école, claire, aérée… le bâtiment ou nous faisions la gym me fascinait par sa lumière, sa propreté, son parquet de bois luisant qui sentait bon la cire… je n'avais jamais rien vu de tel…
J'étais mauvais élève, dans les derniers… j'étais sage et attentif, mais je ne fixait pas ce que j'apprennais… je comprenais tout me semble t'il mais dès que j'étais interrogé ou que je devais faire des exercices tout disparaissait dans mon esprit.
Je n'ai jamais fait un devoir de ma vie… ou rarement… personne ne se mettait a côté de moi pour m'aider. Mon père à bien essayé, mais cela finissait en drame. Et en pleurs… il s'énervait àprès moi et je n'avançait pas dans le calcul, j'était et suis toujours incapable d'éxécuter une division… j'ai maudis les chiffres et seulement maintenant je perçois à distance leur mystérieuse beauté.
Lorsque je devais être interrogé, c'était la terreur et je perdais tous mes moyens. parfois le fait que mon nom de famille commençait par une lettre d ela fin de l'alphabet me sauvais… mais la plupart du temps, je répondais de travers…

j'ai eu un jour une institutrice en 8eme je crois, et sa douceur a fait que cette année là fut une année de bonheur, mystérieusement je crois que mes notes ont été dans la normale…
Toute ma scolarité fut un enfer…
dans la cour de récré, à l'époque que des garçons… L'école n'était pas mixte à cette époque là. je me sentais attiré par certains, il me semblais que mon visage prennait l'expression des leurs. je sentais ce qu'ils ressentais. comme si leur visage était plaqué sur le mien… je ne comprenais pas tres bien cette sensation un peu gênante… je l'effaçais de mes préoccupations, qui étaient plutôt d'échapper aux petits durs et de m'amuser.
Mais régulièrement ce sentiment flottant d'empathie me visitait,
La plupart de ces enfants étaient des petits durs. je n'avais aucun soucis avec les vrais. J'ai retrouvé des photos de classe et j'ai bien du mal à remettre des noms sur les visages, et lorsque je regarde ces classes d'enfants habillés de chaussures de cuir, de blouses en nylon, de chemises à carreaux, les plus exotiques était gitans, portuguais, espagnols ou italiens, je me dis que tout ceci est d'un autre siècle.
00:40 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note
21.08.2007
Epiphanie
Dans ma chambre d'ado, je m'endormais toujours avec des bouquins, je dévorais surtout des livres de science fiction, et généralement je m'endormais dessus, je lisait énormément, jusqu'à 3 bouquins par semaines, sans compter les Bédés…
Ce soir là je me sentais bizarre, comme si ma boite cranienne était en verre… translucide et que l'on pouvait voir à travers mon crane… ma tête n'était pas vraiment douloreuse, pas une migraine, pas une cépahlée le sentiment que mon crane était fait de verre…
le lendemain, je me portais comme un charme, je faisait mes petites visites à mes potes, mes tours de mobylette… ma petite vie…
Mais le soir au moment de m'endormir ça recommençais et évidemment, je n'en parlais à personne… je m'interrogeais…
Peu à peu ces sensations laissaient place à une nouvelle sensation plus désagréable celle ci car elle me paniquait…
Je sentais mon corps se dissoudre dans l'espace clos de ma chambre et mon corps finissait là ou se posait mon regard… peu à peu, il se fondait à l'immensité du ciel, du cosmos et jusqu' à l'infini… je percevais alors cet infini dans toutes ces dimensions - spatiales et temporelles - et j'avais peur, je me depechais de rassembler mes esprits et de revenir sur terre.
la journee… rien. mais le soir cela reprenais…
de plus en plus souvent, n'importe quand du moment que j'étais seul, que la nuit était tombée. Et alors cette infini se métamorphosa en un vide rempli de "plein", dôté d'une conscience… d'une multitude, d'une unicité qui englobait tout ce que je pouvais percevoir.
"Cela" attendait quelque chose de moi. Que je ne pouvais donner, que je ne pouvais appréhender, comprendre…
"Cela" me parlais sans mots, j'étais "Cela" et "Cela" était autre.
"Cela" était infini, peuplé, et était la substance de tout. "Cela" était tout. "Cela" était extase.
J'avais très peur, je me demandais si je n'étais pas devenu fou. Je ne me voyais pas en train d'expliquer cela à mes parents ni à mes copains, je restais seul avec "Cela".
Je me demandais si "Cela" n'était pas Dieu… ce qui me semblait être la définition la plus proche.
Je n'ai pas eu d'éducation religieuse, je suis bien allé un peu au Cathé, mais pas longtemps, ça m'emballait pas, et m'empechait de jouer dans la cour avec mes copains, ma mere ne me paralis pas de ces choses là bien que croyante (fille de marin) et elle mettait un point d'honneur à être chrétienne sans être crédule. Mon père quant à lui était un anticlérical convainu et ne parlais des curés qu'en termes choisis"cureton, grenouille de bénitiers, culs-bénis, Marie salope…"
Moi j'étais visité par dieu… alors deux solutions : ou je traversait des hallucinations, ou bien je traversait une authentique épiphanie (je ne connaissait pas ce terme à l'époque). je le formulais plus ou moins ainsi.
Et personne pour me rassurrer et répondre à mes interrogations.
Je ne me sentais pas fou, Quant au concept de dieu, il me paraissait bien trop mystique et bien trop éloigné de ce que je connaissait de l'idéologie chrétienne…
je me disait que si je cédais à cette hypothèse là je me devais de devenir un saint… une sorte de saint, de vouer ma vie à cela. je trouvais cela assez dingo.
Durant cette expérience, je devais "mourir" accepter de me fondre dans "Cela" me laisser porter par cet infini, et par cette présence, devenir elle et être elle. je me sentais partir, et je paniquais et revenais.
cela dura quelques mois durant lesquels, je souffrais.
je n'avais pas de réponses, je devais trouver une solution pour sortir de là… j'essayais d'analyser avec le plus de lucidité possible… Fou ? je ne l'étais pas. Il me semble… Saint ? non plus…
je me disait que je vivais ce siècle et que je devais plutôt vivre ma vie d'homme et qu'à l'heure de ma mort réelle, je verrais si il y a un après, un ailleurs et "Cela". Je ne voyais pas d'autres alternatives. je douais de la réalité de ce que je percevais… simple épisode psycho-bidule ou vrai expérience mystique?
je décidais que la vie quotidienne était la vraie solution, et tout partit d'un coup, et, à ce jour je n'ai plus jamais eu de "visions", ni d'épiphanie.
10:43 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note
19.07.2007
juin76
j'ai fait vœux de ne jamais toucher à une arme, de ne jamais porter d'uniforme, de ne jamais marcher au pas…
Il y avait encore le service militaire… j'avais ma degaine de bab, cheveux longs, des nattes, tunique indienne violette, colliers, bouche d'oreille, khol sur les yeux…
tout a fait le look qu'apprecie l'armée française… ils m'avaient appelé à servir sur les drapeaux…
Hors de question que j'apprenne comment tuer, hors de question qu'on manipule mon esprit, une alternative… l'objection de conscience, tres mal vue à l'époque et qui pouvait mener droit en prison… mes potes avaient eue différentes tactiques pour échapper à un an de service militaire, je devais trouver la mienne…
D. etait resté plusieurs mois sans parler, apres sa reforme, il continua a ne pas parler, des copains étaient arrivés grillés, d'autres avec des papiers médicaux…
J'étais déterminé… je n'y arrivais pas ? pas de problême je montais aussi sec un syndicat de soldat…
UN beau jour ensoleillé de juin, j'allais donc à la caserne de Vincennes, à côté du château, je garais ma mobylette et je pénétrais dans l'antre du diable…
Je m'étais composé un joli personnage, un juin de canicule… j'avais un grand manteau de type trench coat, boutonné jusqu'au col, une echarpe avec des motifs panthere que je portais tout le temps, un ours en peluche qui depassait de ma poche, et j'affichais un regard fixe et pénétrant (mes beaux yeux vert clairs sont parait-il déjà impressionnants) donc je les tenaient écarquillés en permanence, je marchais d'un pas raide et tous mes gestes l'étaient aussi… je pris le dossier que l'on me tendait d'un geste raide, le rempli en essayant de voir si ej pouvais continuer de composer, je ne repondis pas n'importe quoi, mais exagerais certaines choses; je passais les tests, et à al fin demanda a voir le psy…
il me posa certaines questions, j'étais drogué, naturellement je buvais et avais tenté de me suicider plusieurs fois…
tout ceci avec les yeux éqarquillés, mes gestes raides et saccadés, cela dura en fait deux jours…
lorsque je repartis, assez fatigué de tout cela j'avais gagné ma réforme et ma liberté…
je passais l'année qui suivi a faire la fête… l'année qui fut celle de la punkitude.
22:45 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
14.07.2007
Transe auvergnate
Exils le film de tony gatlif m'a secoué, comme à chaque fois que je voit un de ses films…
Très loin de ma culture de petit banlieusard, j'y retrouve cependant, ceux que je cotoyait sans les connaîtres, les manouches… le sud…
je sentais, sans comprendre Tony gatlif m'aide à comprendre…
La scène de transe d'Exils est bouleversante et intriguante, j'avais entendu parler depuis longtemps de ces transes, dont la fonction cathartique est étonnante, j'ai moi-même assisté a des choses équivalentes, (l'acid) et j'en ressent la puissance et la force… Ce n'est pas dans ma culture, (Normandie - pays de Caux - etretat-Fécamp - famille de marin) dans ma famille, on ne se touche pas, on ne s'embrasse pas entre hommes, la pudeur est forte, la tendresse s'exprime toute en suggestion… mes freres vivent aussi a paris et champigny, nous ne sommes pas loin et nous nous voyons trop peu. Mon pere ne parlais pas a table, un enfant en parlais pas en présence des adultes… longtemps je suis resté silencieux, de mes desirs, de mes mots, ma communication, enfant, était de type non verbale, je boudais, je piquais des crises, mais jamais je ne disait ce que je ressentais, je n'aurai pas été compris…
Je me souviens d'une usine à Montreuil, tres sombre, peu de moyens, cependant des petits groupes alternatifs y jouaient devant un public lycéen et de marginaux, l'heure était Post-punk et souvent les Bérus y passaient, nous dansions comme si notre derniere heure en dépendait, des danses désincarnées, désarticulés, nous oublions nos galères, notre manque d'argent, et nous nous sentions dans une sorte de famille que nous n'avions plus… sans avenir, l'instant présent…
Un été j'allais retrouvé un copin dansun minuscule village d'auvergne… juste quelques maisons anciennes, tres belles, tres simples… un soir il y eut dans le village une soirée potée auvergnate - miam - et dans une minuscule salle deux trois musiciens egrennaient des bourrés… une sorte de biniou - une cabrette - une vieille - je ne suis pas sur que ce soit les bons noms d'instruments… - il n'y avait là que les paysans et quelques gens d'ailleurs mais qui avaient leurs racines familiales dans ce village - et plus l'heure passait et plus je trouvais des analogies entre les punks de montreuil et ces paysans qui dansaient de la même façon, j'haluucinais, c'était frappant, les mêmes attitudes, les mêmes comportements… et je voyais ces paysans du vrai monde rural danser la bourrée d'une façon extatique… (le pinard aidant…il est vrai)
je me disait en regardant ce film magnifique s'il n'y avait pas non plus au fond de nos campagne une tradition de l'extase, de la transe…
02:15 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note


