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18/01/2007

Le chemin des écoliers

Aller à l'école relevait pour moi du parcours du combattant… j'ai mal commencé… toujours en retard, j'étais souvent puni pour cela… Lorsqu'il neigeait ou faisait froid, ma mère me gardait à la maison… j'accumulais ainsi du retard scolaire que je ne rattrapais jamais… Pas question de travailler à la maison, on ne me faisait pas faire mes devoirs, ma sœur ou mes frères avaient sans doute autre choses à faire que de s'occuper du petit dernier… Lorsque mon père entrepris de me faire apprendre le calcul, il s'y prenait mal, et cela devenait vite un drame… il perdait patience et rapidement je me dégouttai des chiffres qui devinrent à tout jamais opaques… Je me souviens de peu de choses concernant la maternelle, lorsque ma sœur réussissait à me trouver alors que je me cachais, j'y allais… alors elle traînait avec elle un poids mort… je n'ai pas l'impression d'y être allé en continu… un jour je fis un petit pot en terre, je le peignais en bleu avec des pois… ma première œuvre… je pense que je n'y ai fait que cela… Mal fagotté, car "les enfants ça se salit en jouant" un souvenir de m'être "abandonné en classe… la honte… et a peu prêt tout… je crois me souvenir que les filles et les garçons n'étaient pas mélangés, et dans la cour de récréation, les filles étaient à la vanille et les garçons chocolat.
Surtout le chemin de l'école… quand j'étais plus grand… je pouvais passer à travers la gendarmerie, le matériel roulant, que journellement nous regardions passer lorsqu'ils rentraient ou sortaient, les garages ou il y avait même des tanks… les BMW noires magnifiques, rutillantes avec leurs chromes… le terrain ou les gendarmes saluaient le drapeau et la dénivellation de la zone ou sur toute la longueur des bâtiments une sorte de tranchée… j'aimais passer par là… c'était très bien tenu et je jouais à la guerre avec mes copains d'école. Un midi nous entrâmes même dans un tank, garé sans surveillance…
Je pouvais passer aussi par l'ancien chemin du ruisseau, que mes frères ont connu, mais qui depuis était comblé. Derrière le théâtre "Les loisirs". Une petite pente ou lorsqu'il gelait nous faisions de la luge sur nos cartables de cuir. A travers les cours, un détour lorsque rarement, j'étais en avance. Face aux loisir, une petite place avec une sculpture que nous nommions "la louve" et en fait était un bulldogue avec deux chiots… La bête de cuivre était imposante, et j'aimais grimper dessus lorsque je rentrais de l'école… Un jour à Toulouse, au jardin des plantes, j'ai retrouvé la même.
Lorsque je montait de par ma rue, jusqu'à "La fraternelle" en faisant le tour, je passais devant "Chez domino" ou je pouvais acheter des bonbons à 1 centimes avec de l'argent que je prenais dans le porte-monnaie de ma maman.
Je sortais rarement du périmètre des Cités… déjà il y avait de quoi faire… Un midi au sortir de l'école, je suivi deux copains, et je traversais la voie ferrée… je me retrouvais dans la lande, du côté des manouches… je rentrai 2 heures plus tard… je m'étais perdu…
Petit je sortais du jardin… je pense que c'était plus par souci d'exploration qu'autre chose… 4-5 ans, je disparaissais et ma maman affolée alertai la police… on me recherchais… on me retrouvais du côté de Villiers-sur-marne, je traversais la route, manifestement égaré… ou du côté du viaduc de Nogent que je traversai en suivant la voie ferrée…
Manifestement mon jardin ne me suffisait pas, il était sans doute trop petit pour moi…

15:46 Publié dans Chronique, poesie | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : chronique

16/01/2007

Paridis sur terre

Pour aller à Paris de Champigny, à cette époque, deux solutions s'imposaient… traverser tout Champigny sur toute la longueur jusqu'à la gare SNCF de Champigny-La Varenne, (qui allait jusquà la Gare de la Bastille… précisement là ou se trouve à présent l'Opéra. Cette ligne est devenue le RER. Ou prendre le Bus 106 qui allait de l'églaité jusqu'au Château de Vincennes… Un bus à plate-forme TN4H, on y accédait par la plate forme arrière, assez basse, elle rasait presque le sol…Lorsque le bus démarrait, on pouvait encore y monter en plein-vol… un contrôleur était en permanence à l'arrière, décrochait la petite chaînette gainée de cuir et vous poinçonnait votre ticket (il était tout fin jaune, et détachable d'un carnet en accordéon… j'en possède encore…) j'était fasciné par la machine à composter en métal de ces monsieurs, j'ai toujours rêvé d'en posséder une. on y introduisait le ou les ticket et on tournait une manivelle et le ticket était imprimé… donc composté. Ensuite ou on restait sur la plate-forme, et l'on prenait le fais,ou l'on entrait et on s'asseyait sur les jolis bancs en bois… le sol de ces bus etait fait de lattes de bois. les parois en métal crème avec des motifs jaunes et gris me semble t'il… sûrement mon premier choc graphique. Le conducteur était dans une cabine a part située à l'avant du bus décentré sur le côté gauche, ils avaient de belles vestes en cuir assez épaisse - pas de chauffage!!) et leur siège était tres enveloppant… leur petite cabine me fascinait aussi.
Une fois passé le pont de Joinville, nous arrivions par le bois de Vincennes jusquà la station terminale de la ligne 1 le Château de Vincennes… le trajet me semblait tres long et c'était une aventure pour moi… Le pavé était rude et nous étions secoués sur ces jolis sièges de bois…
Ensuite le métro… à l'entrée un ou une poinçonneuse vous perçait votre ticket à l'aide d'une pince… vous accédiez ensuite sur le quai… si un métro arrivait, une épaisse porte automatique vous barrait le passage, pas question de passer tant que le quai n'était pas vide… L'éclairage était moins vif que maintenant… les biseaux du carrelage servaient à renvoyer la lumière jaune des ampoules. Une rame de métro Sprague thomson arrivait avec sa belle couleur verte. Outre le machiniste qui le conduisait, un home était dans le wagon de tête employé à ouvrir ou fermer les portes… ces gens là étaient respectés…
Dans un fracs d'enfer, le métro roulait, dans le noir du tunnel, par les fenêtres éclairés quelques rares pub…" du bon, dubon, dubonnet" les chaussettes Phildar… Les sièges en bois était aussi inconfortables que nous étions secoués…
je regardais défiler les rails et derrière la vitre je rêvassais et imaginais que tout était un décor mis en place spécialement pour moi…
Cela quand ma maman m'emmenait parfois lorsqu'elle avait à faire à Paris… Ce qui était pour moi une expédition en terre inconnue… Généralement nous finissions à "la Samar" et je regardais les petits chiots à l'étage qui en vendait, je me perdais dans les rayons, et pour qui connait le superbe film "Bebert et l'omnibus" (avec Higelin ado!) c'est exactement l'époque et l'ambiance de ces moments perdus du paradis mon enfance.
C'était les années soixante…

11:20 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : poesie, chronique