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14/07/2007

Transe auvergnate

Exils le film de tony gatlif m'a secoué, comme à chaque fois que je voit un de ses films…
Très loin de ma culture de petit banlieusard, j'y retrouve cependant, ceux que je cotoyait sans les connaîtres, les manouches… le sud…
je sentais, sans comprendre Tony gatlif m'aide à comprendre…
La scène de transe d'Exils est bouleversante et intriguante, j'avais entendu parler depuis longtemps de ces transes, dont la fonction cathartique est étonnante, j'ai moi-même assisté a des choses équivalentes, (l'acid) et j'en ressent la puissance et la force… Ce n'est pas dans ma culture, (Normandie - pays de Caux - etretat-Fécamp - famille de marin) dans ma famille, on ne se touche pas, on ne s'embrasse pas entre hommes, la pudeur est forte, la tendresse s'exprime toute en suggestion… mes freres vivent aussi a paris et champigny, nous ne sommes pas loin et nous nous voyons trop peu. Mon pere ne parlais pas a table, un enfant en parlais pas en présence des adultes… longtemps je suis resté silencieux, de mes desirs, de mes mots, ma communication, enfant, était de type non verbale, je boudais, je piquais des crises, mais jamais je ne disait ce que je ressentais, je n'aurai pas été compris…
Je me souviens d'une usine à Montreuil, tres sombre, peu de moyens, cependant des petits groupes alternatifs y jouaient devant un public lycéen et de marginaux, l'heure était Post-punk et souvent les Bérus y passaient, nous dansions comme si notre derniere heure en dépendait, des danses désincarnées, désarticulés, nous oublions nos galères, notre manque d'argent, et nous nous sentions dans une sorte de famille que nous n'avions plus… sans avenir, l'instant présent…
Un été j'allais retrouvé un copin dansun minuscule village d'auvergne… juste quelques maisons anciennes, tres belles, tres simples… un soir il y eut dans le village une soirée potée auvergnate - miam - et dans une minuscule salle deux trois musiciens egrennaient des bourrés… une sorte de biniou - une cabrette - une vieille - je ne suis pas sur que ce soit les bons noms d'instruments… - il n'y avait là que les paysans et quelques gens d'ailleurs mais qui avaient leurs racines familiales dans ce village - et plus l'heure passait et plus je trouvais des analogies entre les punks de montreuil et ces paysans qui dansaient de la même façon, j'haluucinais, c'était frappant, les mêmes attitudes, les mêmes comportements… et je voyais ces paysans du vrai monde rural danser la bourrée d'une façon extatique… (le pinard aidant…il est vrai)
je me disait en regardant ce film magnifique s'il n'y avait pas non plus au fond de nos campagne une tradition de l'extase, de la transe…

02:15 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (5)

Commentaires

les sabbats de nos aïeux

Écrit par : piotrevski | 14/07/2007

je sens que ton texte te touche et me touche par retour, par similitude de certaines choses que tu as décrites....
salut yoyo

Écrit par : azazel | 15/07/2007

Très intéressant mais j'avoue que j'ai du mal à comprendre "de l'intérieur" ce que c'est que danser de façon extatique , n'ayant jamais connu cette expérience là, pourrais-tu en écrire plus à ce sujet. Que ressent-on quand on est dans cet état? Je me doute bien que traduire cela en mots est difficile...

(J'ai été élevée dans les mêmes conditions que toi et ma mère est normande..."Le monde est petit mon brave monsieur"... :-) ).

Écrit par : enriqueta | 16/07/2007

J' aime ce lyrisme discret et cette pudeur délicate qui se dégagent de ton texte et qui donne tant de force à tes souvenirs.

A bientôt.

Écrit par : Dana | 16/07/2007

J'ai connu des familles où l'on ne parlait pas à table non plus. C'était interdit. Mais chez moi on pouvait, sans mettre les coudes... Tu as été bridé et il est normal que tu te défoules en dehors de chez tes parents.

J'aime tes récits.
Bonne journée.

Écrit par : elisabeth | 18/07/2007

Les commentaires sont fermés.