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01/03/2007

Baba cool

Ma bande… celle de la cabane… était une bande de mecs, pas de filles dans le groupe… Alors je trainais sans grosse conviction avec quelques personnes de mon quartier, disons que je les trouvais juste marrants, mais je me sentais trop différent d'eux, je leur reprochais leur esprit étroit et leur absence de curiosité… j'imagine que je me trompais sur leur compte. Ils parlaient fort comme les adolescents et leur seule préoccupation était d'aller le dimanche apres midi en discothèque… Moi j'aimais le rock, eux n'écoutaient que de la variété de base… tout nous séparait…
J'avais fini l'école Boulle et j'avais refusé de passer mon diplôme, je voulais vivre en communauté, devenir hippie, et vivre dans un univers Pop. "Ne travaillez jamais" me semblais un slogan percutant et juste. Ne pas être récupéré, Ne pas se faire avoir par la "société".
Mon univers ressemblait beaucoup au film "Le péril jeune"… Je trainais Champigny et les alentours en mobylette toute la journée… j'avais envi de me trouver une petite copine…
A la sortie du Lycée ou j'allais retrouver je ne sait plus qui, on me présenta C. et Reinette… Reinette qui ne travaillais pas non plus… C. avec la dégaine un peu molle, élastique, le phrasé à la doc gyneco, les cheveux longs et la cool attitude…
Reinette un peu moins précieux, mais extrêmement sympathique - il l'est toujours -
Alors on se retrouva dans la chambre toute noire de C. on écoutait de la musique progressive en fumant des pétards, que l'on cachait quand les parents arrivaient. Surtout C. était doué en dessin, j'aimais ce qu'il faisait, malgré la naiveté de ses sujets, ses aquarelles étaient fortement influencé par Roger Dean, le graphiste des pochettes du YES de la meilleure période.
C. a qui j'allais rendre visite au lycée ou j'entrai comme dans un moulin et qui me presentait ses copains et surtout ses copines…
J'avais le cheveux raide, longs jusqu'au torse et des chemises indiennes, des colliers et une bouche d'oreille… je peignais mes chaussures… souvent habillé d'une sorte de rose parme ou de violet des pieds à la tête… mes jeans étaient ornées de nombreuses pièces et plus j'en avais et mieux c'était.
On faisait la fête tout le temps et je rentrais tard à la maison, Les fêtes consistaient surtout a mettre un disque de musique planante ou progressive et de fumer jusqu'à s'avachir et se laisser aller, attentifs à l'extrême, aux effets planants des joints.
j'avais une sorte de double vie, celle chez mes parents, celle avec ma bande, et les diverses bandes que je visitait et avec lesquels je trainais toute la journée…
J'étais au courant de tout ce qui était contre-culture, je lisait énormément, et je me sentais comme une éponge qui absorbe toute la nouvelle culture de son époque, j'écoutais tout ce qui se faisait du free jazz au rock, et je me sentais à l'aube d'une nouvelle ère ou les discours des politiques et des industriels état passé de mode et n'avait plus de raison d'être… je pensait qu'on était tous frères et que la jeunesse entière ne se laisserai plus dicter ce qu'elle avait à faire.
Au mois de juin, pour la plupart c'était l'époque de la fête du PSU, et nous partions trois jours écouter de la musique au grand air… à fumer comme des malades et à s'éclater… Une année il faisait tellement chaud que nous avions passé tout le weekend nus comme des vers, nous n'étions pas les seul… notre petit woodstock à nous… l'époque était à se libérer. je me souviens d'avoir vraiment découvert et aimé le free-jazz avec Bernard Lubat et avoir participé au concert en poussant des cris auquel un saxo me repondais… du concert d'Etron fou leloup blanc, du concert des Stranglers au beau milieu duquel uen bande de fafs attaqua barre de fer à la main… A la fête Rouge, le premier groupe que je vis avec des cheveux courts : Docteur Feelgood, qui m'impressionna enormement par leur énergie et la qualité de leur guitariste, Captain Beefheart qui me perça les tympan…
L'été je parti au festival pop d'Orange avec C. avec une vieille tente pourrie, pas équipé, en stop… on arriva, le concert était annullé… il yavait un champ qui acceuillait tout de même tous les zonards qui était venu pour la messe pop… Un bus anglais diffusait de la musique prog et offrait à qui voulait ses space cake, l'ambiance était étrange et je me sentais sur une autre planète. Le soir, un gars, cheveux long, genre planet Gong, retour des indes, offrait à tout le monde des acides, si cela nous plaisait on le paierai plus tard… au bout d'une petite demi heure Hiroshima dans ma tête… C. lui avait l'habitude il en prenait 3 ou 4 fois par semaine, et cela me paraissait le passage obligé pour être enfin cool. je me retrouvais dans un univers à la Escher, la nature autour de moi prennait des allures à la douanier Rousseau, et d'un coup, tout se transforma en une sorte de kaleidoscope en 3D et à l'infini… le temps partait de la création du monde … cosmique… tout prenait un sens de révélation, et tout s'emboitait à l'infinie, la moindre pensée était couleur, matière, son, à l'infini… Paradis et enfer à la fois… l'extase… Nous rigolions bêtement, je me retrouvais à suivre des gens et nous étions une trentaine à avoir des hallucinations collectives, on traversa une oasis, avec des fleurs délicates et vivantes, une île émergea du champs et chaque campement était auréolé d'une sorte de lumière spirituelle. A un moment je me sentais jugé par milles lutins qui étaient d'autres moi-même et qui m'adjoignait de laisser tomber mon ancienne peau, j'avais peur de ce que j'allais trouver, plus je m'obligeais de reprendre le contrôle, plus je me sentais mal. Le petit matin arrivait… mes dents me faisaient mal, elle étaient encore "lumineuses" et "infinies" dans le camp, tout le monde redescendait, je croisait des gens fous, d'autre dormait au beau milieu de flaques d'eau, le cirque d'orange reprennait son caractère de vieilles pierres… et je sentais que plus rien ne serait pareil avec mon pote C.
La bande de C. continuait à prendre des acides, on croisait des junkies, (exactement comme dans le "peril jeune") j'étais de plus en plus réservé… je prennais mes distances… un jour chez un pote, space cake, je ne voulais pas en prendre, il mis un disque de chants de moines thibétains, et l'atmosphere devint lourde d'un coup, je les voyais qui s'avachissaient tous et commençaient à planer, je les laissait, ma petite copine aussi et je reparti chez moi…
God save the queen!
le 45 rpm venait juste de sortir, c'était neuf frais, et une révolte créative, saine, orginale éclatait dans le ciel de londres…
je suivais tout cela avec interêt… je coupais mes cheveux, rejoignais une autre bande qui regardait les babas avec mépris et chaque jours nous créons nos vêtements, épingles à nourrices plantés dans la joue… mes anciens potes ne voulaient plus me parler, mais ils avaient de toute façon perdu le sens de l'humour, là ou j'allais c'était vivant.
je recontrais jacques le seul punk de mon quartier avec moi, il avait les cheveux rouges et les yeux assortis, et notre revolte était teintée d'humour, de créativité et de surréalisme…
Une autre ère s'annonçait No future mais le moment présent était intense… pas de travail, pas d'agent, mais nous étions vivants!!!!

11:20 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (17)

Commentaires

Salut !
Comment veux tu qu'on mette un com' ici... après cette longue... délivrance... J'ai 54 balais, etça me rappelle bien ma jeunesse, qui, de mon côté, était campagne... et pétard-larzac

Écrit par : christian JULIA | 01/03/2007

Intéressante évocation. Je n'ai que 34 ans, mais ça m'a renvoyé aussi à bien des souvenirs.

Écrit par : profdisaster | 01/03/2007

J'ai 54 ans mais j'ai vécu cela de loin... je n'ai jamais "fumé de pétard", pas besoin, je trouvais la vie belle même sans les pétards....
Bonne nuit.

Écrit par : elisabeth | 01/03/2007

Nostalgique...
L'évocation de l'instinct de survie me fait penser que certains drame on jonché ce bout de chemin...

Écrit par : Pem | 02/03/2007

pas nostalgique non, demain m'interesse beaucoup plus que cela…
ben oui comme dans tout récit, toute vie il y en a eu malheureusement, certains amis me manquent encore…

Écrit par : yoyostereo™ | 02/03/2007

Oui...

Écrit par : Pem | 02/03/2007

on s'y croirait... on revit une période que je n'ai fait que cotoyer... rudement bien resurgi tout ça....

Écrit par : Tina | 03/03/2007

yeah !

Écrit par : piotrevski | 03/03/2007

Bonsoir Yoyostereo et vous tous,

Je n'ai testé qu'un seul pétard le jour de mes trente ans. Pour voir en fait. Et j'avoue je n'ai rien vu.

Gros bisous et bonne soirée à tous,
Marie Christine

Écrit par : Marie Christine | 03/03/2007

Ben , dis donc ! que d'aventures !
J'étais plus sage quand même ! faut dire aussi que de vous tous là , je suis la doyenne !

Écrit par : Khate | 03/03/2007

Passionnant à lire. Je n'ai connu de ce genre d'expériences que quelques années de pétards.
J'aime les souvenirs des autres, c'est ce qui les a modelés et en a fait ce qu'ils sont aujourd'hui. Bons ou mauvais (les souvenirs), c'est toujours une extrême richesse.

Écrit par : euqinorev | 04/03/2007

Toujours aussi agréable de venir lire ton blog... j'ai l'impression de me ressourcer.

Bisous yoyo, fais plein de jolis rêves...

Écrit par : Laudith | 06/03/2007

toute une époque, Burrough, Watt, Ginsbergh, dans les enceintes du Crimson, Amon Dül et les Stooges pour faire la transition, du power flower on passait au no futur moi les épingles j'ai pas voulu, je préférais encore Led Zep et les Stones aux Clash ou les Pistols - les temps ont changé - merci Lionel pour le voyage et les souvenirs...

Écrit par : daniel | 12/03/2007

Bonjour
On s'y croirait en vous lisant. Rêver de liberté, croire que le monde nous appartient, haïr la société, rigoler des parents et les trouver tellement vieux jeu. J'ai connu d'autres rivages, mais je pense que toutes les époques drainent un lot de jeunes et moins jeunes qui rejettent la normalité de tout ce qui les entoure. Se faire péter les oreilles avec de la musique de sauvage, s'habiller en noir, se maquiller en noir, les chaînes et les bracelets à clous, la musique dont les icônes et leurs voies gutturales font penser à des mecs dont le gosier est explosé à l'acide.
J'écoute encore cette musique, j'en écoute d'autres. Je suis en marge, je suis dans la norme, je joue avec le feu, et parfois je me range parce qu'il faut bien... mais pas trop.
merci pour le partage, je répète, on s'y croirait.
Ciao ciao

Écrit par : delphinium | 12/03/2007

J'aime bien lire ce genre de souvenirs
Mais je voudrais bien voir une photo de cette époque avec cheveux longs et chemise indiennes : c'est encore plus parlant
Bisous
PS que veut dire ":-)" je suis pas douée en interpretation du langage internet Merci

Écrit par : annie | 13/03/2007

il y en a une dans mes photo… j'ai même les cheveux longs…

Écrit par : yoyostereo™ | 13/03/2007

Belle photo : il est pas mal le gars!!

Écrit par : annie | 13/03/2007

Les commentaires sont fermés.