23.11.2009

Presque l'hiver

Presque l'hiver, mais je conserve les fraîcheurs des premières fleurs
j'en respire encore le parfum…
Tout comme je garde en moi la trace des temps anciens, la boue, la poussière du jours où je n'étais pas encore né… la lumière de soleil couché depuis longtemps et la clarté de l'air nocturne…
Comme si mes pas avaient parcourus ces ruelles obscures, traversés ces jardins sauvages… mangé de ces fruits pendus à ces branches d'arbres depuis déracinés…
Quelques fois ma mémoire voyage et me ramène ces fugitives impressions d'un passé lointain…
Moi qui ne rêvait que d'avenir, de voyage vers les étoiles, de planètes à conquérir…
Je traverse Paris… se superposent à ces avenues des entrailles de grès, des ruisseaux… des immeubles parsemés, des bâtisses et des cabanes, ça et là des palissades de papiers cartonnés, déchirés et sales…
Rien n'est jamais comme demain… ce qui est rêvé sera, je marche parfois à rebours, je cours, je cours.
Jusqu'à m'essouffler. et je chante ton nom, remémore tes yeux, rebâti ton visage, jusqu'à m'essouffler, je cours te chantant, envoyant aux enfers ce qui m'éloigne de toi.
Presque l'hivers, mais je conserve le goût de tes baisers… presque l'enfer, mais j'eteint les feux avec mes chansons.

15.10.2009

lagune

dans la chaleur de la nuit, dans mes rêves,

sur ma peau, il y a une trace de toi…
tes yeux clos, ta bouche entr'ouverte.
mes mains posées sur ton ventre tout chaud…
tu dors encore et tu sait que je veux ton plaisir.
Au bout de mes doigts agiles, ton humide royaume.
Je viens le visiter, lorsque j'entre en toi, tu t'éveilles.
Je regarde tes yeux briller.

Je te veux nue, à ma bouche offerte, tes seins délié de par ma langue,
d'ennivrants baisers. Ta lagune à laquelle ma bouche rivée boit et lèche,
que se mèlent nos corps… que cette fièvre braise danse.

nos corps emmelés,
nos peaux imbriquées
nos langues virevoltées
nos sexes emboîtés
nos âmes mélangées…

22.08.2009

j'attends du hasard

J'attends du hasard qu'il fasse un peu mieux les choses
de ne pas savoir comment demain sera fait
d'être bouculé, virevolté, émoustillé, surpris
et étonné d'être en vie…
envies.
au hasard, du détour d'une rue,
trop tôt pour nos regards croisés,
s'effrayer des possibles, des égarements
suivre ta route, gravir tes montagnes…
prends ma vie.
J'attends du hasard qu'il fasse un peu mieux les choses
des détours, des errances, des explorations
de l'inattendu, de l'inespéré, qu'il survienne
contre mon gré, s'imposer, contre ma volonté
contre mes attentes célébrer le miel de la vie.

20.08.2009

Vacarme

Du secret enfoui en mon fors intérieur,
diamant brûlé ; braise puis charbon.
Cette craie écrasée, poussière
A qui révéler ce qui est oubli ?
Le sourire a survécu aux soleils
en miettes, aux étés de neige.
Révéler que le cœur est roche
brisée, émiettée, que la pierre a fondue
Songer à ciel ouvert de ces souvenirs
délavés, silencieux vacarmes,
d'où surgirait la main qui m'a lâchée.
la main que j'ai lâchée.

05.05.2009

infiniment, infiniment

Le ciel que tu ne peux atteindre

l'air insaisissable,

le bleu du ciel que tu ne peux fixer

ce silence que tu ne peux entendre

juste le souvenir.

ces cœurs qui t'ont étés offerts

ces corps jetés, repris…

ces interminables étés

ont finis par par passer.

Le temps qui file.

 

Mon cœur de hors-bord

rangé dans sa pochette surprise

prends ses quartiers d'été.

Mon heure ange débordée…

Secret cœur fondant.

ses souvenirs coffre-fort

clos et insaisissables.

 

infiniment,  infiniment

06.02.2009

Même si…

je ne peux atteindre ton JE
toi, mon autre moi
celle qui étoile, celle si ciel…
Je veux que Nous.
Nous afin que mon jeu,
mon tête-à-tête avec moi-même
cesse enfin et qu'enfin
être toi, mon autre JE même,
un je t'aime.

08.12.2008

mes larmes sèches

je porte en moi les serrures du ciel,
ce cadenas, cadeau solaire.
Cet enclos, où les infinis définissent
le fin socle de la faim.
je n'ouvrirai les portes, qu'à celle
qui nourrira mon âme scellée.
Mes larmes sèches, au fil des jours,
cristallisent des joies, sur les joues
échouées.

09.11.2008

Abrasif

Abrasif, le silence qui, parfois lui rongeait l'âme
ça restait au fond du ventre, à vif comme taillé par une lame.
Pas de mots pour cela, que des maux sans raisons.
Tête vide, silence et absence, sans larmes, sans.
le monde vidé de tous les êtres qui le peuplait.
Alors ses pieds sans consulter sa tête, en fuite…
parcouraient des rues qui ne le menaient nulle part.
la ville, prison, du quotidien, des jours rêvés.
Ses mains impuissantes à retenir l'autre,
son coeur qui saignait sans bruit, discret.
son être qui réclamait la vie, et qui l'observait.
Ne pouvant faire que cela… et attendre…
Alors dans ces saisons grises, qui se déroulaient
les jours et les heures s'égrenant, toutes semblables
ses pas le menait dans des rues déjà parcourues,
des visages de passantes méconnaissables.
Il voulait courir jusqu'à ce que son cœur éclate
et qu'il ne ressente plus rien que son souffle court.
Il se fondait au gris de la ville…
il ne cessait de l'attendre, de l'atteindre…
Le soleil semblait ne jamais se coucher,
sa lueur sourde ne le réchauffait jamais.
Il cherchait le centre du cercle dans lequel
il se perdait, s'égarait; repassant cents fois
par les mêmes sentiers, des chemins
qui se révélaient être des impasses.
Il ne renonçait jamais, ni à son espoir
ni à son désespoir qui, parfois s'accrochait
telle une tache de boue, de la suie.
Ce n'etait rien que l'automne.
Ca annonçait l'hiver.

16.09.2008

Après

 

Sur un lit de satin noir             sperme coule, éclabousse

une araignée, nue                   s'étale sur la nuit satinée .

et désirable                            Flaque d'or pale

écartelée, pénétrée.                rivieres opales             

Ses longs bras,                      nombril petit lac de lait 

ses longues jambes                deux corps tiedes           

ses seins pointés                    assoupis.

 

déjà de fins filaments s'étirent, sèchent, et craquellent

des extases rêvées, des sommeils d'après

chauds et profonds comme un songe d'opium.

déjà des parfums, des muscs, des sueurs sucrées

baignent les draps et les corps endormis.

Une parenthèse dans une lutte accord, 

des envies renaissent et demeurent

des désirs de nudité, de peaux, de l'autre

des corps affamés, devenir l'autre…

s'y perdre, s'oublier.

15.09.2008

pluie

Mes mains ont beau glisser,
ma peau frotter la tienne,
ma douceur se fondre dans l'âtre
brulant de ton désir,
copie carbone des miens,
jamais ne t'envelopperai
comme l'eau qui coule sur ton corps,
comme cette pluie sur ton visage
qui ruisselle sur ta nuque.

Toutes les notes