A un moment donné, je me dis, que quand même j'étais beaucoup trop timide, que mes potes "emballaient" facilement et que moi, je n'avais toujours pas d'amoureuse… les filles que je connaissait restaient des copines et je n'osait rien auprès d'elles. Je me sentais seul et j'en souffrais… J'étais parfois agressif, provocateur avec mes amis qui ne le méritait vraiment pas. Je sortais beaucoup à cette époque là… beaucoup de fêtes, les premières boites, les amis…
La provocation m'aidait à sortir de ma coquille, et je prennais des risques… agresser verbalement les fachos, ou les punks de salon… Jamais je ne me prennais une pêche… sûrement de la chance… provocation vestimentaire… mes coiffures, l'iroquoise que j'abandonnai rapidement lorsque je vis que seul des crétins me parlait, mes cheveux sculptés et colorés… On me remarquait mais jamais dans le sens que j'attendais… Je voulais simplement être aimé.
Je me jetais des défis… j'allais dans les soirées, l'appréhension suprême était de devoir aborder une demoiselle que je ne connaissait pas, et qui sans doute pourrait me plaire, et là, je devais lui parler… pour lui dire quoi? mes potes, mes copines avaient la langue particulièrement pendue… mais moi j'étais le champion de la communication non-verbale… a eux de deviner ce que je ressentais, j'avais de la pudeur de dire mes sentiments et, lorsque je me confiais, j'étais maladroit, je me sentais au bord de la honte, et je ne savais pas résoudre mes conflits. Alors je décidais de passer outre la parole. Je ne risquait qu'une baffe après tout… Chez Bernard, une petite fête… que des gens que je ne connaissait pas… Une jolie brunette, ravissante… je l'admirais depuis un moment, et le temps passait la fête allait bientôt finir… Elle rigolait avec une copine, me tournait le dos, j'allais vers elle, mis ma main sur ses épaules, la retourna doucement et l'embrassait, elle me rendis le baiser et la fête finie j'emmenais tout le monde chez moi manger des pâtes, elle resta, je lui fit couler un bain et elle voulait m'attirer dans la baignoire, moi, j'étais un peu nigaud et je lui lavais le dos doucement, elle avait un très beau visage… une madonne, un très beau corps… et avec elle ce n'était pas ma première fois, mais pour la première fois je fis vraiment l'amour, nos corps étaient harmonieux, et pour la première fois de ma vie, je me sentis homme… Anne me surnommait avec une pointe d'ironie qui me mettait mal à l'aise "Irrésistible" J'étais infatiguable et lorsqu'elle venait à la maison, nous ne dormions pas beaucoup… Elle était étudiante, moi je travaillais et je me sentais en infériorité intellectuelle avec elle… j'imaginais les étudiants cultivés possédant toute la culture que je rêvais d'avoir. elle était magnifique, je la désirais et l'aimait… Notre relation prit fin et j'en souffris beaucoup. Je repris mes études en art plastique sans Bac je m'inscrit à la fac… je sympathisait avec une bande de filles, rigolotes avec qui je faisait la fête sans arrêt et je me relançait ces défis… de plus en plus court, j'embrasse la prochaine fille que je vois… un jour aux Entrepots de Glacière ou il y vait des squatts d'artistes et des studios d'enregistrement, une fille arriva, et des la porte passée je l'embrassait pour lui dire bonjour… A chaque fête je recommençais mon manège sans forcement repartir avec la demoiselle. Je combattis ainsi ma timidité et cela me permit de chunter la parole…
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Premier baiser
Elle vivait à la cours du haut. Je la voyais lorsque j'allais jouer avec mes potes, plus jeune que moi, elle était ravissante. De très beaux long cheveux bruns, de beaux yeux magnifiques, elle était splendide et devais bien avoir une douzaine d'année… C'est sans doute la première fille que je remarquais… J'étais timide et prétextant un jeu je l'embrassai par surprise… Le contact de ses lèvres, aussi fugitif que soit cet instant, me sembla d'une douceur incroyable, tel que je n'en avais jamais connu et que je n'en connaîtrais sans doute plus… une douceur d'ange… de soie, des lèvres de velours… Elle réagie vivement en me menaçant d'aller chercher son grand-frère… j'eu très peur et je culpabilisa, promettant au bon dieu que je ne recommencerai pas si je ne me faisait pas disputer…
Je n'ai jamais oublié cet instant, ni la douceur de sa bouche. -
Get up!
Genoux à terre…
mais la fierté ne quitte pas
un cœur même écartelé.
La face couverte de boue.
les bras en croix…
toujours on se relève,
redresse sa tête
les yeux lavés
l'on regarde
briller les étoiles.